LA NEWSLETTER DE VOIX COMMUNE !
La newsletter de Voix Commune ! - Mai 2026 - n°15
Les 60 premiers jours
Cela fait 60 jours que les mandats locaux ont commencé. En 60 jours, un nouvel exécutif donne un ton, indique une méthode et fixe des premières orientations. Sur notre territoire, les yeux sont en particulier rivés vers la Métropole de Lyon qui impulse une grande part des politiques publiques. L’attente se prolonge pour comprendre quels vont être les chantiers prioritaires de ce mandat. Les mois de campagnes avaient déjà suscité le trouble tant les projets étaient flous et irréalistes. Cela se confirme et, depuis quelques semaines, les premiers signes nous inquiètent.
Le flou : les vice-présidents et vice-présidentes ne semblent pas avoir de feuille de route précise et la volonté de créer des confusions entre les délégations pour qu’à la fin la décision soit laissée à la Présidente et à son cabinet paraît claire. Diviser pour mieux régner … Avec le risque de l’immobilisme.
Les Maires : la nouvelle Présidente a d’emblée dit qu’elle serait d’abord la présidente des Maires. La crainte ? La dilution du pouvoir métropolitain, les tractations à répétition et encore une fois l’inaction. A cela s’ajoutent les déclarations hasardeuses sur, par exemple, la volonté de rouvrir la circulation automobile sur la rue Grenette sans que le Maire de Lyon n’ait été consulté. Nous comprenons alors que la Présidente n’est pas celle de tous et toutes les Maires mais seulement des Maires de droite.
Les marqueurs de rupture : tout donne à penser que la politique métropolitaine depuis quelques semaines n’est guidée que par le verbe. Des mots pour dire la position de rupture vis-à-vis d’événements populaires, de la piétonisation et de la sécurisation devant les écoles, du respect des différentes mobilités, de la politique de soutien au logement social. Les mots ne font pas une politique. Les ruptures peuvent accompagner une alternance politique. Encore faut-il que les nouvelles orientations, les perspectives, soient fixées.
En matière de logement, de projets urbains, de politique de la ville, de transports, de soutien aux associations, quels sont les objectifs au-delà de la rupture ? Ces 60 premiers jours donnent à voir un pari : pour contenir les appétits politiques des membres d’une majorité hétérogène, pour se laisser la capacité de négocier avec certains Maires, le nouvel exécutif de la Métropole préfère l’inaction. Probablement au détriment de la qualité de vie des Grands Lyonnais et Grandes Lyonnaises.
Renaud Payre, Coordinateur de Voix Commune !
Sauvons le Tram Express de l’Ouest Lyonnais (TEOL) !
L’une des 3 premières mesures de Madame Sarselli, nouvelle Présidente de la Métropole de Lyon, est l’abandon du projet TEOL conformément à son programme électoral.
Elle affirme répondre ainsi à une forte attente des électeurs et électrices qui souhaiteraient un métro. Pourtant, l’enquête publique de l’automne 2025, qui a rendu un avis favorable au projet TEOL, montre qu’une véritable attente existe autour de cette solution.
Le projet TEOL présente plusieurs avantages majeurs. D’abord, son coût, environ 800 millions d’euros, reste bien inférieur à celui d’un hypothétique métro, dont le besoin de financement s’annonce considérable pour la collectivité puisque dépassant les 2 milliards d’euros. Rappelons que plus de 40 millions d’euros ont déjà été investis dans les études de sous-sols, les concertations et l’enquête publique. Dans ces conditions, en arrêtant le projet TEOL, où sont le pragmatisme, le bon sens et la maîtrise des dépenses publiques revendiqués par Madame Sarselli ?
Par ailleurs, la Présidente de la Métropole assure que « sa boussole » est « la qualité de vie des Grands Lyonnais et des Grandes Lyonnaises ». Et pourtant, l’une de ses premières mesures n’est pas la mise en œuvre d’un projet en faveur de leur qualité de vie mais au contraire l’abandon d’un projet allant dans ce sens.
Aujourd’hui, le territoire de l’Ouest lyonnais est le parent pauvre de la Métropole en matière de transports en commun. Dans ce secteur, la voiture individuelle est le premier moyen de transport, à défaut d’infrastructures de transport structurantes. Bien qu’en amélioration, le réseau de bus ne peut pas offrir le confort, la fluidité, la régularité et la rapidité d’un transport sur rail. Seul le tramway express, livrable dès 2032, pourrait offrir une vraie alternative à la voiture, alternative bien nécessaire au vu de la rapidité du réchauffement climatique, de notre dépendance aux énergies fossiles produites dans un monde au contexte géopolitique chaotique, des prix toujours plus élevés de l’énergie comme de l’entretien des véhicules et de la saturation des voiries dans notre milieu urbain.
Le projet TEOL constitue la seule alternative crédible et efficace à la voiture. En permettant de relier Alaï à Bellecour en 14 minutes, tout en facilitant les déplacements entre les communes de l'Ouest lyonnais ainsi qu’entre l’Ouest et l’Est de la Métropole via la connexion avec le T2, TEOL contribuerait à réduire la saturation des axes routiers de l’Ouest lyonnais. Cela serait une véritable avancée en faveur de la qualité de vies des habitantes et habitants.
Mais ce n’est pas tout ! Craponne, porte d’entrée Ouest de la Métropole, subit chaque jour un flux continu de véhicules transitant vers Lyon, faute d’alternative efficace en transports en commun. Dans ce contexte, la possibilité d’extension de TEOL jusqu’à Craponne apparaît comme la solution la plus réaliste pour réduire la circulation automobile. En effet, compte tenu de la densité de population du secteur, la perspective d’un métro jusqu’à Craponne n’est en aucun cas réaliste, mêmes les soutiens locaux de la droite en ont conscience, Madame Chadier, Maire de Craponne et Vice-Présidente de la Métropole, l’ayant rappelé récemment.
Aucun projet concret n’est proposé en contrepartie de l’abandon de TEOL. À la place, l’exécutif métropolitain évoque un hypothétique métro renvoyé à un avenir lointain, alors que les besoins de mobilité sont immédiats.
En abandonnant TEOL, la conséquence est simple : on abandonne l’Ouest lyonnais !
Anne-Marie Bukowski-Avellan, Conseillère municipale de Craponne
Jullien Journet, Conseiller municipal de Craponne


ZTL (Zone à Trafic Limité) de Lyon : Le combat pour le centre-ville libéré de la voiture
Depuis l’été 2025, la Presqu’île de Lyon connaît une profonde transformation de sa circulation. Dans ce secteur longtemps marqué par un trafic automobile dense, la mise en place de la ZTL a ouvert la voie à un centre-ville plus apaisé.
Le principe est simple : limiter la circulation automobile de transit dans l’hypercentre afin de rendre l’espace public aux piéton.nes, aux cyclistes et aux transports collectifs. Les habitant.es, livreurs et livreuses, artisan.es, secours ou taxis peuvent toujours accéder au périmètre concerné, où la voiture n’y est plus prioritaire. Et c’est précisément ce changement de hiérarchie qui provoque aujourd’hui un débat passionné.
La ZTL couvre l’essentiel de la Presqu’île : entre le Rhône et la Saône et du Nord de la place Bellecour jusqu’au bas des pentes de la Croix-Rousse / secteur Hôtel de Ville – Terreaux. Elle ne se résume pas à quelques bornes automatiques ou à un nouveau plan de circulation. Elle traduit une idée plus profonde : celle que les centres des grandes villes ne peuvent plus continuer à être organisés autour de l’automobile, qui entraine pollution de l’air, nuisances sonores, congestions fréquentes. La question sanitaire est devenue impossible à ignorer, les maladies respiratoires représentent aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique. Face à cette réalité, la ZTL de la Presqu’île apparaît comme une réponse évidente.
La ZTL signifie aussi transformer des rues autrefois saturées, en terrasses, espaces végétalisés, pistes cyclables, lieux de promenade et accès plus agréables aux commerces.
Les opposant.es à la ZTL estiment que le dispositif va trop loin dans la restriction de la circulation automobile. Ils dénoncent une mesure qui, selon elles et eux, complique l’accès au centre-ville pour les habitant.es de la Métropole, les visiteurs et visiteuses et une partie des commerçant.es. Plusieur.es élu.es de l’opposition municipale et certain.es représentant.es du commerce de proximité craignent une baisse de fréquentation des boutiques, au profit des zones commerciales périphériques facilement accessibles en voiture. Ces critiques cachent la véritable cause : l'achat en ligne qui ruine réellement le centre des villes et la convivialité. La piétonisation arborée au contraire peut permettre d'endiguer cette tendance.
Les opposant.es à la ZTL critiquent également un report du trafic vers les quais du Rhône et de la Saône, accentuant selon elles et eux les embouteillages et la pollution sur ces axes. Mais il s’agit plutôt de proposer de se déplacer autrement, par d’autres moyens de transports, notamment les transports en commun. Quand on utilise les transports en commun, et notamment le déjà fameux TB11 ou la C13 pour la gare de la Part-Dieu, on se rend compte de la sagesse de la conversion de la rue Grenette en artère vitale de la circulation des véhicules indispensables à la vie collective.
Les grandes métropoles européennes l’ont compris depuis longtemps : Barcelone, Amsterdam, Copenhague ou Bruxelles ont toutes engagé des politiques de réduction du trafic automobile dans leurs centres. Partout, les mêmes critiques sont apparues au départ. Et partout, les habitant.es ont progressivement redécouvert les bénéfices d’espaces publics moins envahis par les voitures.
À Lyon, la ZTL représente donc bien davantage qu’une mesure technique. Elle constitue un choix de société, celui d’une ville plus calme, plus respirable et plus adaptée aux défis climatiques à venir.
Bien sûr, la transition doit être accompagnée, les transports en commun renforcés, les solutions pour les artisan.es et les personnes venant de zones mal desservies améliorées. Une politique écologique ne peut réussir que si elle reste socialement juste.
Mais renoncer à la ZTL au nom des habitudes automobiles serait une erreur historique. Les villes qui réussiront demain seront celles capables de réduire leur dépendance à la voiture, de reconquérir l’espace public et de rendre leurs centres urbains plus vivables.
A Lyon, nous nous opposons à tout retour en arrière qui pourrait venir du nouvel exécutif métropolitain.
Jacques Vesco

