LA NEWSLETTER DE VOIX COMMUNE !
La newsletter de Voix Commune ! - Juin - Juillet 2026 - n°16
L’ampleur des violences sexistes et sexuelles (VSS) faites aux femmes et aux enfants fait de nouveau l’actualité au niveau local comme national, relayée par des mobilisations citoyennes et associatives dans tout le pays : les Français et Françaises demandent des réponses et des changements.
Au-delà des circonstances, il est nécessaire de rappeler que, malgré les dénégations du gouvernement et du chef de l’Etat, les moyens accordés à la justice, aux services sociaux, à la santé scolaire, sont loin d’être suffisants, en termes de budget ou de nombre de fonctionnaires. De même, la loi intégrale contre les violences sexuelles faites et aux femmes et aux enfants, qui devrait être mise à l’agenda du Parlement à l’automne, ne pourra être utile et efficace sans l’allocation de moyens conséquents.
A cela s’ajoute la nécessité de mettre en place ou de renforcer la prévention des VSS et l’information dans de nombreux domaines de la compétence de l’Etat dont : l’éducation (dès le plus jeune âge), la formation de l’ensemble des professionnel.les fonctionnaires ou contractuel.les en contact avec le grand public, la régulation des réseaux sociaux contre toutes les formes de violences dont les VSS et, bien sûr, la prise en charge des victimes notamment par l’augmentation du nombre de structures d’hébergement et des financements aux associations qui les gèrent.
Le changement ne pourra cependant pas venir uniquement de l’Etat et de la loi. Les collectivités locales doivent elles aussi s’investir pleinement dans la lutte contre les VSS sur l’ensemble des compétences qui sont les leurs. Cela passe notamment par la nomination d’un.e élu.e dédié.e à ce sujet, la formation de l’ensemble des personnels et des élu.es, la conditionnalité des subventions aux associations, quel que soit leur domaine d’action, à la mise en place d’outils de lutte contre les VSS. Cela nécessite également une réelle transparence, sur la durée, vis-à-vis des habitant.es sur les démarches initiées et les moyens alloués.
De la rupture à la fracture
Les 100 premiers jours d’un mandat donnent très souvent le ton. En ce qui concerne la Métropole conduite par Véronique Sarselli, nous avons de quoi être inquiet.es.
D’abord la recherche constante de marqueurs de rupture ne fait pas une politique. Notre territoire a toujours su – au-delà des alternances de 2001 ou de 2020 – trouver le bon équilibre entre la poursuite des projets engagés et l’adoption de nouveaux chantiers. Les déclarations sur le projet de Rive Droite à Lyon ou sur le tramway de l’Ouest lyonnais semblent depuis le mois d’avril rompre avec cette tradition. Le problème ? Aucun nouveau projet concret n’est annoncé. En matière de finances, le nouvel exécutif métropolitain a commandé un audit au prix de 70 000 euros. Alors que le dernier budget exécuté (2025) permet un excédent de 139 millions. Mais surtout le mandat 2020-2026 a permis de stabiliser la dette tout en investissant 3,6 milliards. À l’heure où certaines collectivités sont en faillite, nous devrions collectivement nous féliciter des choix passés.
Mais la rupture se marque aussi dans le fonctionnement démocratique de la Métropole de Lyon. Des commissions préparatoires pour le conseil métropolitain de juin qui n’excèdent pas 30 minutes, sans débat, ni présentation des délibérations. Bref, une réelle entrave au bon travail des conseiller.es métropolitain.es. Un nouveau règlement intérieur qui empêche les déclarations préalables lors des séances publiques du Conseil, limite « drastiquement » le temps de parole, empêche la composition de groupes politiques qui ont pourtant obtenu un nombre de suffrages très importants. Sans oublier la disparition de la consultation en différé des enregistrements des séances du Conseil. Et l’impossibilité désormais pour les citoyen.nes du Conseil de Développement d’interpeller les élu.es comme c’était le cas depuis… Raymond Barre. En réalité, le nouveau règlement intérieur de la Métropole ne provient pas de très loin. Il est directement inspiré de celui du Conseil de la Région Auvergne Rhône Alpes.
Entre les marqueurs de rupture et l’absence de débats, le risque est bien d’affaiblir notre territoire. La recherche de compromis et de dialogue que nous défendons à Voix Commune ! est aujourd’hui menacée. C’est moins la rupture qu’engage ce nouvel exécutif métropolitain qu’une réelle fracture politique avec les habitant.es de la Métropole et leurs représentant.es.
Kheira Boukralfa et Renaud Payre


Retour en images sur la réunion de travail et conviviale des membres de Voix Commune ! le 6 juin dernier.


